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Capteur de température : le guide des sondes industrielles

Sommaire

Dans un four de traitement thermique, un réacteur chimique ou une ligne de pasteurisation, quelques degrés d’écart suffisent à dégrader un produit, à fausser une régulation ou à compromettre la sécurité d’une installation. Le capteur de température est le premier maillon de cette chaîne de maîtrise : s’il est mal choisi ou mal installé, tout le reste du système travaille sur une donnée fausse.

Thermocouple, sonde Pt100, thermistance, canne pyrométrique : chaque technologie répond à des contraintes précises. Ce guide explique comment fonctionne une sonde de température, compare les principales familles de capteurs et détaille les critères pour choisir, installer et vérifier la bonne solution.

Capteur ou sonde de température : de quoi parle-t-on ?

Un capteur de température transforme une grandeur thermique en un signal électrique exploitable par un afficheur, un automate ou un régulateur PID. Dans l’industrie, les deux termes sont souvent employés l’un pour l’autre, mais une nuance existe :

  • le capteur désigne l’élément sensible lui-même : la jonction d’un thermocouple, la résistance en platine d’une Pt100, la pastille d’une thermistance ;
  • la sonde désigne l’ensemble prêt à installer : élément sensible, gaine de protection, câble ou tête de raccordement, raccord au process.

Dans la pratique, une sonde de température industrielle mesure la température d’un liquide, d’un gaz ou d’un solide, en contact direct avec le milieu. Les mesures sans contact (pyrométrie optique, thermographie infrarouge) relèvent d’une autre famille d’instruments, non traitée ici.

Comment fonctionne une sonde de température industrielle ?

Les composants d’une sonde

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Une sonde industrielle associe quatre à cinq éléments, chacun dimensionné selon l’application :

  1. L’élément sensible : thermocouple, résistance Pt100/Pt1000 ou thermistance. Il doit être placé au plus près du point de mesure.
  2. La gaine de protection : elle protège l’élément contre la corrosion, la pression et les chocs. Les matériaux varient selon le milieu : inox 316L, Inconel, Hastelloy, céramique pour les très hautes températures.
  3. Le raccordement : câble, tête de raccordement ou connecteur, qui acheminent le signal vers l’instrumentation. Dans les environnements sévères, le câble à isolation minérale améliore la tenue thermique et mécanique tout en autorisant de petits diamètres.
  4. Le raccord au process : filetage, bride, raccord à compression, clamp alimentaire…
  5. Le doigt de gant (si nécessaire) : un tube de protection fixé à l’installation, qui permet de retirer la sonde sans vidanger ni arrêter le process. Voir notre article qu’est-ce qu’un doigt de gant.

L’ensemble de ces éléments est détaillé dans notre guide sur les accessoires d’un capteur de température.

Du signal brut au système de contrôle

Chaque technologie produit un signal différent : une tension de quelques millivolts pour un thermocouple, une résistance pour une Pt100 ou une thermistance. Ces signaux faibles sont sensibles aux perturbations électromagnétiques et aux longues distances de câble.

C’est le rôle du transmetteur de température : installé dans la tête de la sonde ou en armoire, il convertit le signal brut en un signal normalisé (4-20 mA, HART, Profibus…) qui peut parcourir plusieurs centaines de mètres sans dégradation. Le système de contrôle compare ensuite la mesure à la consigne et agit sur le process. CORREGE propose une gamme de transmetteurs en tête adaptés à ses sondes.

Les différents types de capteurs de température

Les thermocouples

Un thermocouple est constitué de deux métaux différents soudés à une extrémité. Lorsque cette jonction est chauffée, une tension proportionnelle à l’écart de température apparaît : c’est l’effet Seebeck. Un thermocouple type K délivre par exemple environ 4,1 mV à 100 °C (référence 0 °C). La mesure nécessite une compensation de soudure froide, assurée par le transmetteur ou l’instrument de lecture.

Robustes, rapides et capables de monter très haut en température, les thermocouples sont la technologie de référence des fours, de la métallurgie et des procédés thermiques. Les principaux types sont normalisés par l’IEC 60584-1 :

TypeCouple de métauxPlage d’usage indicativePoint fort
KNiCr / NiAl-200 à +1 200 °CLe plus polyvalent et le plus répandu
NNiCrSi / NiSi-200 à +1 250 °CPlus stable que le K à haute température
JFe / CuNi-40 à +750 °CÉconomique, adapté aux atmosphères réductrices
TCu / CuNi-200 à +350 °CPrécis en basse température et en cryogénie
ENiCr / CuNi-200 à +900 °CSensibilité la plus élevée
R / SPtRh / Pt0 à +1 600 °CStabilité, référence en haute température
BPtRh30 / PtRh6+600 à +1 700 °CTrès haute température
CWRe5 / WRe260 à +2 300 °CSous vide ou gaz neutre uniquement

Plages indicatives : la température maximale réelle dépend du diamètre des conducteurs, de la gaine et de l’atmosphère.

Pour aller plus loin : les principaux types de thermocouples, [le thermocouple type K](À LIER QUAND L’ARTICLE TYPE K SERA PUBLIÉ) et comment choisir son thermocouple industriel. Pour les fours et les applications haute température, les thermocouples sont souvent montés en sondes pyrométriques avec protecteur métallique ou céramique.

Découvrir nos thermocouples

Les sondes à résistance (RTD) : Pt100 et Pt1000

Une sonde à résistance exploite la variation de résistance électrique d’un métal, le plus souvent le platine, avec la température. Une sonde Pt100 vaut 100 Ω à 0 °C et environ 138,5 Ω à 100 °C ; une sonde Pt1000 vaut 1 000 Ω à 0 °C. Leur plage d’utilisation courante s’étend de -200 à +600 °C.

Leur atout principal est la précision et la stabilité dans le temps. La norme IEC 60751 définit des classes de tolérance :

ClasseToléranceÀ 0 °C
AA±(0,10 + 0,0017 × |t|) °C±0,10 °C
A±(0,15 + 0,002 × |t|) °C±0,15 °C
B±(0,30 + 0,005 × |t|) °C±0,30 °C
C±(0,60 + 0,01 × |t|) °C±0,60 °C

La plage de validité de chaque classe dépend de la construction de l’élément (fil bobiné ou couche mince). Les désignations commerciales « 1/3 DIN » ou « 1/10 DIN » correspondent à des fractions de la tolérance de classe B.

Le mode de raccordement influence directement la précision : en montage 2 fils, la résistance des câbles s’ajoute à la mesure ; les montages 3 et 4 fils la compensent. Voir notre article sur la sonde Pt100 3 fils et notre dossier sur les capteurs RTD.

Découvrir nos sondes à résistance

Les thermistances CTN et PTC

Les thermistances sont des composants semi-conducteurs dont la résistance varie fortement avec la température :

  • CTN (NTC) : la résistance diminue quand la température augmente. Très sensibles sur une plage réduite (le plus souvent en dessous de 150 °C, jusqu’à 300 °C selon les modèles), elles conviennent à la mesure rapide et à la surveillance d’ambiance.
  • PTC (CTP) : la résistance augmente brutalement au-delà d’un seuil. Elles servent surtout à la protection des moteurs et des transformateurs contre la surchauffe. Voir notre article sonde PTC : fonctionnement et applications.

Comparatif : quel type de sonde de température choisir ?

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CritèreThermocoupleSonde Pt100 / Pt1000Thermistance CTNThermistance PTC
PrincipeTension (effet Seebeck)Résistance du platineRésistance ↓ quand T ↑Saut de résistance au seuil
Plage typique-200 à +1 700 °C (au-delà de 2 000 °C en type C)-200 à +600 °C-50 à +150 °CDétection de seuil jusqu’à ~200 °C
Précision±0,5 à ±2,5 °C selon type et classe±0,1 à ±0,3 °C à 0 °C (classes AA à B)Élevée sur plage étroiteNon destinée à la mesure
Temps de réponseTrès rapide (petits diamètres)MoyenRapideRapide au seuil
StabilitéBonne, dérive possible à haute températureExcellenteBonneBonne
Usage typeFours, métallurgie, haute température, vibrationsProcess, agroalimentaire, pharmacie, comptage d’énergieÉlectronique, HVAC, ambianceProtection moteurs et transformateurs

En résumé : le thermocouple s’impose dès que la température ou les contraintes mécaniques sont élevées ; la Pt100 est le choix de la précision sur la plage -200 / +600 °C ; les thermistances couvrent la mesure rapide (CTN) et la protection thermique (PTC).

Comment choisir la bonne sonde de température ?

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1. La plage de température

C’est le premier filtre : elle élimine d’emblée certaines technologies. Au-delà de 600 °C, seul le thermocouple (ou la mesure sans contact) reste envisageable. Notre sélection par plage de température couvre du cryogénique à plus de 1 500 °C.

2. La précision attendue

Une régulation de four tolère généralement quelques degrés d’écart ; un contrôle de pasteurisation ou un comptage d’énergie exige une précision au dixième. La classe de tolérance doit être choisie en fonction de l’exigence réelle du procédé, pas par excès de précaution : une classe plus stricte a un coût.

3. Le temps de réponse

Il dépend surtout du diamètre de la sonde, du type de jonction (isolée ou exposée pour un thermocouple), de la présence d’un doigt de gant et du milieu mesuré : une mesure en liquide agité est bien plus rapide qu’en gaz calme. On l’exprime par t0,5 et t0,9, le temps nécessaire pour atteindre 50 % et 90 % d’un échelon de température.

4. L’environnement mécanique et chimique

Vibrations, pression, vitesse du fluide, corrosion, abrasion : ces contraintes déterminent le matériau de gaine, le diamètre, la longueur d’immersion et le besoin d’un doigt de gant. Une étude de sillage est nécessaire pour les doigts de gant soumis à des vitesses de fluide élevées.

5. Les zones ATEX

En atmosphère explosive, la sonde et son transmetteur doivent être certifiés selon la directive 2014/34/UE, avec un mode de protection adapté à la zone (sécurité intrinsèque, enveloppe antidéflagrante…). Voir notre article sur les capteurs de température en zones ATEX.

6. Les normes et exigences sectorielles

Selon le secteur, d’autres référentiels s’ajoutent : IEC 60751 et IEC 60584 pour les éléments sensibles, directive équipements sous pression, exigences d’hygiène en agroalimentaire, norme AMS 2750 pour les traitements thermiques aéronautiques. Le détail est présenté dans notre article sur les normes des sondes de température industrielles.

Les facteurs qui faussent la mesure

Une sonde de qualité peut donner une mesure fausse si elle est mal installée. Les causes les plus fréquentes :

  • Une immersion insuffisante : la chaleur conduite par la gaine vers l’extérieur fausse la mesure. En règle pratique, on vise une longueur d’immersion d’au moins 10 à 15 fois le diamètre de la gaine.
  • Un mauvais emplacement : zone morte, proximité d’un brûleur ou d’une paroi froide, stratification du fluide.
  • Un raccordement inadapté : câble de thermocouple remplacé par du câble cuivre ordinaire, Pt100 en 2 fils sur une grande longueur.
  • Les perturbations électriques : câbles de mesure posés près de câbles de puissance, absence de blindage.
  • La dérive : exposition prolongée à haute température, contamination de l’élément sensible, chocs thermiques répétés.

Comment tester une sonde de température ?

Quelques vérifications simples permettent de diagnostiquer une sonde suspecte :

  1. Contrôle visuel : gaine déformée, corrodée ou fissurée, câble écrasé, bornier oxydé.
  2. Pt100 : mesure de résistance à l’ohmmètre. À température ambiante (20 °C), une Pt100 doit afficher environ 107,8 Ω. Une valeur infinie indique une coupure, une valeur proche de 0 Ω un court-circuit.
  3. Thermocouple : continuité et tension. La résistance de la boucle doit être faible (quelques ohms selon la longueur) ; en chauffant la jonction, la tension en millivolts doit augmenter. Pensez à la compensation de soudure froide si vous comparez à une table.
  4. Résistance d’isolement : entre conducteurs et gaine, mesurée au mégohmmètre sous faible tension. Une valeur trop basse signale une entrée d’humidité, fréquente sur les câbles à isolation minérale mal scellés.
  5. Comparaison à une référence : placer la sonde avec une sonde étalon dans un bain ou un four stable. C’est la seule façon de quantifier une dérive.

Ces tests permettent de détecter une panne, mais pas de garantir la justesse d’une mesure. Pour cela, un étalonnage raccordé est nécessaire : CORREGE dispose d’un laboratoire d’étalonnage accrédité COFRAC et réalise des cartographies de fours et des étalonnages sur site.

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Les applications industrielles des sondes de température

SecteurApplications courantesTechnologies privilégiées
AgroalimentaireCuisson, pasteurisation, stérilisation, chaîne du froidPt100 hygiéniques
Chimie et pétrochimieRéacteurs, colonnes, stockage, tuyauteriesPt100 et thermocouples, doigts de gant, ATEX
Métallurgie, fonderieFours, traitements thermiques, métal liquideThermocouples K, N, S, B, cannes pyrométriques
AéronautiqueTraitements thermiques AMS 2750, essais moteursThermocouples de précision
Énergie, nucléaireChaudières, turbines, réseaux vapeur, comptage d’énergieThermocouples, Pt100 appairées
Pharmacie, laboratoiresAutoclaves, salles blanches, enceintes climatiquesPt100 classe A ou AA

Découvrez nos solutions par secteur d’activité.

FAQ

Quelle est la différence entre un capteur et une sonde de température ?

Le capteur est l’élément sensible (jonction de thermocouple, résistance en platine, thermistance). La sonde est l’ensemble complet prêt à installer : capteur, gaine de protection, raccordement et raccord au process. Dans l’usage courant, les deux termes sont souvent synonymes.

Quel est le capteur de température le plus précis ?

Dans sa plage d’utilisation (-200 à +600 °C), la sonde à résistance en platine (Pt100 ou Pt1000) est la plus précise et la plus stable : jusqu’à ±0,1 °C à 0 °C en classe AA. Au-delà, les thermocouples en platine (types R, S, B) offrent la meilleure stabilité.

Quelle sonde utiliser au-delà de 1 000 °C ?

Un thermocouple : type K ou N jusqu’à environ 1 200 °C, types R, S ou B jusqu’à 1 600-1 700 °C, et type C au-delà de 2 000 °C sous vide ou atmosphère neutre. À ces températures, le choix de la gaine (céramique, alliages réfractaires) est aussi déterminant que celui du couple.

Comment savoir si une sonde de température est défectueuse ?

Vérifiez d’abord l’état de la gaine et du câble, puis mesurez la résistance (Pt100) ou la continuité et la tension (thermocouple). Une mesure instable, figée ou incohérente avec une référence indique une panne ou une dérive. Seul un étalonnage permet de quantifier l’écart.

Pourquoi utiliser un transmetteur de température ?

Le transmetteur convertit le signal faible de la sonde (millivolts ou ohms) en un signal normalisé 4-20 mA, moins sensible aux perturbations et transmissible sur de longues distances. Il assure aussi la linéarisation et, pour les thermocouples, la compensation de soudure froide.

À quelle fréquence faut-il étalonner une sonde de température ?

Il n’existe pas de périodicité universelle : elle dépend de la criticité de la mesure, des conditions d’utilisation et des exigences qualité ou réglementaires du secteur. Un intervalle annuel est un point de départ courant, à ajuster selon l’historique de dérive constaté.

L’expertise CORREGE

Implanté à Chaignes, en Normandie, CORREGE conçoit et fabrique des capteurs de température sur mesure depuis 1967 : thermocouples, sondes Pt100 et Pt1000, thermistances, cannes pyrométriques et ensembles thermométriques avec doigts de gant. Bureau d’études, production, contrôles (ressuage, test hélium, radiographie, pression) et laboratoire d’étalonnage COFRAC sont réunis sur un même site, pour des sondes adaptées aux environnements les plus exigeants : énergie, nucléaire, chimie, aéronautique, agroalimentaire.

Vous devez définir la sonde de température adaptée à votre procédé ? Contactez nos experts ou consultez notre gamme de capteurs de température.

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Frederic Freon
Frédéric Freon Directeur commercial & marketing – CORREGE (COTEMP Sensing) Diplômé de l’EM Normandie, Frédéric Freon accompagne depuis plus de 15 ans la croissance d’entreprises industrielles à forte valeur technologique. Aujourd’hui à la tête du développement commercial et marketing de CORREGE, il pilote la stratégie de diffusion de capteurs de température, thermocouples, cannes pyrométriques et sondes RTD destinés aux environnements industriels exigeants. Convaincu que l’innovation de terrain passe par l’écoute client, il œuvre chaque jour à rapprocher les besoins industriels de solutions de métrologie de précision.
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