Guide complet des détecteurs de température à résistance (RTD) Pt100 : conception, types, normes de précision et considérations pratiques
1. Introduction aux détecteurs de température à résistance (RTD)
Cette section établit les bases en expliquant le principe de fonctionnement fondamental des RTD et le rôle crucial du platine dans les capteurs Pt100.
1.1. Principe fondamental de fonctionnement des RTD
Les Détecteurs de Température à Résistance (RTD) mesurent la température en se basant sur le phénomène prévisible selon lequel la résistance électrique d’un matériau varie avec la température. À mesure que la température augmente, la résistance électrique de l’élément sensible augmente également. Cette relation est hautement prévisible, ce qui permet des mesures de température précises et cohérentes.1
Pour déterminer la température, un faible courant continu constant est appliqué à l’élément RTD. La chute de tension résultante aux bornes de la résistance est mesurée, ce qui permet de calculer la résistance du RTD. Cette valeur de résistance est ensuite convertie en une lecture de température à l’aide d’une courbe d’étalonnage.2 Le Coefficient de Température de Résistance (TCR) définit la relation entre la résistance et la température. La norme industrielle la plus courante pour les RTD en platine est de 3850 ppm/K, ce qui signifie que la résistance du capteur augmente de 0,385 ohms par degré Celsius d’augmentation de la température.2
Cette relation directe et prévisible entre la résistance et la température constitue l’avantage métrologique fondamental des RTD. Contrairement aux thermocouples qui s’appuient sur l’effet Seebeck (génération de tension à partir de métaux dissemblables), les RTD mesurent directement une propriété matérielle intrinsèque. Cette caractéristique est la raison principale de la grande précision, de la stabilité et de la répétabilité inhérentes aux RTD sur de longues périodes.1 La nature prévisible de cette relation simplifie considérablement l’étalonnage, car la résistance à une température connue (par exemple, 100 ohms à 0°C pour un Pt100) fournit un point de référence précis, rendant les RTD plus faciles à étalonner que les thermocouples.3 Cette prévisibilité n’est pas seulement une caractéristique, mais un principe fondamental qui positionne les RTD comme un choix privilégié pour les applications exigeant un contrôle et une mesure de température précis et fiables dans les environnements industriels et de laboratoire.
1.2. Le rôle du platine dans les capteurs Pt100
Le platine (Pt) est le matériau de choix pour la plupart des RTD, en particulier le Pt100, en raison de ses propriétés exceptionnelles. Le « Pt » dans Pt100 signifie platine, et « 100 » indique que le capteur a une résistance nominale de 100 ohms à 0°C (32°F).6
Les principales raisons de l’utilisation généralisée du platine incluent :
- Haute stabilité : Le platine maintient sa relation résistance-température de manière constante sur de longues périodes, minimisant la dérive.3
- Linéarité : Il présente une relation résistance-température très linéaire et répétable sur une large plage de fonctionnement.1
- Large plage de fonctionnement : Les RTD en platine peuvent fonctionner efficacement sur un large spectre de températures, généralement de -200°C à 850°C.1
- Inertie chimique : Le platine est chimiquement stable et résistant à l’oxydation et à la corrosion, ce qui contribue à la fiabilité et à la stabilité à long terme du capteur dans divers environnements.3
Le platine est devenu la norme métrologique pour les RTD. Bien que d’autres matériaux comme le nickel (Ni) ou le cuivre (Cu) puissent être utilisés pour les RTD, la combinaison spécifique des propriétés du platine le rend supérieur pour les applications de précision.1 Cette supériorité a conduit le platine à devenir la norme
de facto pour les RTD de haute précision, comme en témoigne la norme IEC 60751 qui définit spécifiquement les exigences pour les capteurs de température en platine.6 Les propriétés cohérentes et bien comprises du platine permettent l’établissement de normes internationales précises et de chaînes d’étalonnage traçables 8, faisant des capteurs Pt100 une pierre angulaire de la métrologie industrielle et de la mesure scientifique de la température. Cela élève le platine au-delà d’un simple choix de matériau pour en faire un composant fondamental de la normalisation de la mesure de la température.
2. RTD Pt100 vs. thermocouples : clarifier l’« amalgamation » du platine
Cette section aborde directement la question de l’« amalgame » (confusion) concernant le rôle du platine dans les RTD Pt100 par rapport à son association avec les thermocouples. Elle fournit une distinction claire basée sur leurs principes de fonctionnement, leur composition matérielle et leurs performances comparatives.
2.1. Principes de fonctionnement : RTD (changement de résistance) vs. thermocouple (effet Seebeck)
La distinction fondamentale entre les RTD et les thermocouples réside dans leur principe de fonctionnement.
- RTD (Détecteur de Température à Résistance) : Fonctionne sur le principe que la résistance électrique d’un métal (typiquement le platine) change de manière prévisible avec la température. Un courant est appliqué à l’élément en platine, et la résistance mesurée est directement corrélée à la température.1
- Thermocouple : S’appuie sur l’effet Seebeck, où une tension est générée lorsque deux métaux dissemblables sont joints à une extrémité et qu’une différence de température existe entre la jonction et les extrémités libres. La tension produite est directement proportionnelle à cette différence de température.1
La différence fondamentale réside dans la conversion de l’énergie. Les RTD sont des dispositifs résistifs passifs qui nécessitent un courant d’excitation externe pour mesurer la résistance.2 En revanche, les thermocouples sont des dispositifs actifs qui génèrent leur propre signal de tension.1 Cette différence fondamentale signifie que les RTD nécessitent un conditionneur de signal et un courant d’excitation stable 5, tandis que les thermocouples nécessitent une compensation de la jonction froide (CJC) pour tenir compte de la température de la jonction de référence.5 L’« amalgame » perçu découle de la présence de platine dans les deux types de capteurs, mais son rôle fonctionnel est entièrement distinct. Dans les RTD, le platine
est l’élément sensible dont la propriété de masse (résistance) est mesurée. Dans les thermocouples, le platine peut être l’un des métaux dissemblables (par exemple, dans les thermocouples de type R ou S), mais c’est la jonction de deux métaux différents qui génère la tension, et non la résistance du platine elle-même. Cette distinction est cruciale pour comprendre la physique sous-jacente et les contraintes d’application de chaque type de capteur.
2.2. Composition matérielle et fonctionnalité
La composition matérielle des deux types de capteurs est également un facteur clé de différenciation.
- RTD Pt100 : Principalement composé de platine (Pt) chimiquement pur.1 La pureté et les propriétés spécifiques du platine sont primordiales pour son changement de résistance prévisible.
- Thermocouple : Composé de diverses combinaisons de métaux dissemblables (par exemple, le type K utilise du Chromel et de l’Alumel ; les types R/S utilisent des alliages de platine et de rhodium).1 La combinaison spécifique détermine la plage de température et la tension de sortie.
2.3. Analyse comparative : précision, plage de température, coût, sensibilité, linéarité et stabilité
Une analyse comparative des performances met en évidence les forces et les faiblesses de chaque technologie.
- Précision : Les RTD sont généralement plus précis et exacts que les thermocouples, avec des précisions typiques de ±0,1°C contre ±1°C pour la plupart des thermocouples. Certains modèles de thermocouples peuvent atteindre la précision des RTD, mais les RTD sont reconnus pour leur cohérence.1
- Plage de température : Les thermocouples excellent à des températures plus élevées, certains types atteignant jusqu’à 2300°C, voire 3100°C. Les RTD sont généralement conçus pour des températures inférieures à 400°C, bien que certains puissent atteindre 850°C. Ils sont idéaux pour les plages de température modérées.1
- Coût : Les thermocouples sont généralement plus économiques que les RTD. Bien que l’installation d’un RTD puisse être moins chère grâce à l’utilisation de fils de cuivre peu coûteux, l’appareil lui-même coûte souvent deux à trois fois plus cher qu’un thermocouple comparable.1
- Sensibilité/temps de réponse : Les thermocouples ont généralement un temps de réponse plus rapide, en particulier les versions à pointe nue ou mise à la terre, répondant près de trois fois plus vite qu’un RTD Pt100. Cependant, les avancées dans les sondes Pt100 à film mince ont considérablement amélioré leurs temps de réponse.1
- Linéarité : La relation température-résistance dans les RTD est presque linéaire sur la plage du capteur. Les thermocouples, en revanche, présentent une courbe de type « S », nécessitant une linéarisation plus complexe dans le logiciel.1
- Stabilité et répétabilité : Les RTD offrent une stabilité et une répétabilité supérieures à long terme, les lectures restant cohérentes dans le temps. Les lectures des thermocouples ont tendance à dériver en raison de changements chimiques dans le capteur (tels que l’oxydation).1
- Auto-échauffement : Les RTD sont susceptibles aux erreurs d’auto-échauffement si le courant d’excitation est trop élevé, nécessitant un faible courant (par exemple, 1mA ou moins).2 Les thermocouples ne souffrent pas d’auto-échauffement.1
- Exigences externes : Les thermocouples nécessitent une compensation de la jonction froide (CJC) et une linéarisation du signal. Les RTD nécessitent un conditionneur de signal.5
La sélection d’un capteur est une question d’optimisation en fonction des exigences spécifiques de l’application. Par exemple, les processus industriels à haute température privilégient la plage et la robustesse des thermocouples, tandis que les mesures de laboratoire de précision privilégient la précision et la stabilité des RTD. Cette situation met en évidence un compromis fondamental en ingénierie. L’« amalgame » initial découle d’une compréhension superficielle de la présence du platine. Une analyse plus approfondie révèle que le choix est dicté par une interaction complexe de critères de performance, de contraintes de coût et de conditions environnementales. Par exemple, bien que les thermocouples soient moins chers, leur dérive à long terme 4 pourrait nécessiter un étalonnage plus fréquent, ce qui pourrait annuler les économies initiales en coûts de maintenance. Inversement, le coût initial plus élevé des RTD pourrait être justifié par une fréquence d’étalonnage réduite et un contrôle de processus amélioré grâce à leur stabilité supérieure.1 Cela implique que le coût total de possession et la criticité de la mesure sont primordiaux dans le processus de sélection.
Tableau 1 : Performance comparative des RTD Pt100 et des thermocouples
Caractéristique | RTD (Pt100) | Thermocouple |
Principe de fonctionnement | Changement de résistance électrique avec la température 1 | Génération de tension (effet Seebeck) due à la différence de température entre deux métaux dissemblables 1 |
Composition matérielle | Principalement platine (Pt) pur 1 | Diverses combinaisons de métaux dissemblables (ex: K, J, R, S types) 1 |
Précision | Excellente (typiquement ±0,1°C) 1 | Bonne (typiquement ±1°C), certains modèles peuvent égaler les RTD 1 |
Plage de température | Modérée (-200°C à 850°C standard) 1 | Très large (-200°C à 2300°C, certains jusqu’à 3100°C) 1 |
Temps de réponse | Modéré à rapide (amélioré pour les films minces) 1 | Rapide (surtout les jonctions nues ou mises à la terre) 1 |
Linéarité | Très bonne (presque linéaire) 1 | Non linéaire (courbe en ‘S’) 1 |
Stabilité | Excellente (très stable, peu de dérive) 1 | Moins stable (tendance à la dérive due aux changements chimiques) 1 |
Coût | Modéré à élevé (plus cher que les thermocouples) 1 | Faible à modéré (généralement moins cher) 1 |
Auto-échauffement | Susceptible (nécessite un faible courant d’excitation) 1 | Non susceptible 1 |
Exigences externes | Conditionneur de signal 5 | Compensation de la jonction froide (CJC), linéarisation du signal 5 |
3. Exploration détaillée des types de construction Pt100
Cette section explore les deux principales méthodes de construction des éléments Pt100 : le fil bobiné en céramique et le film mince, en détaillant leur fabrication, leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients, ainsi que leurs applications typiques.
3.1. Capteurs Pt100 à fil bobiné en céramique
La construction des capteurs Pt100 à fil bobiné implique l’enroulement d’un fil de platine fin (généralement de 0,07 mm de diamètre) en une petite bobine hélicoïdale.10 Cette bobine est ensuite insérée dans les trous d’un tube d’alumine (céramique) de haute pureté, qui assure le support et l’isolation. Le diamètre extérieur de ces tubes peut varier de 0,8 mm à 4,5 mm.11 Les enroulements sont souvent fixés et scellés avec du ciment céramique ou du verre, choisis pour correspondre au taux de dilatation du platine, afin de fournir un support tout en permettant au fil de se dilater et de se contracter sans contrainte.10 Pour les normes de laboratoire, les éléments peuvent être logés dans des tubes de verre, de silice ou d’alumine, évacués et remplis d’air sec ou d’argon de haute pureté avec quelques pour cent d’oxygène pour éviter la contamination et assurer des conditions oxydantes.10
Les capteurs à fil bobiné offrent plusieurs avantages. Historiquement, ils offraient une précision et une stabilité supérieures grâce à la pureté et au recuit du fil de platine.3 Ils présentent une plage de température de fonctionnement plus large, capable de mesurer des températures très élevées (jusqu’à 850°C et au-delà pour des conceptions spécifiques).3 Des courants de source plus élevés sont possibles, ce qui entraîne des constantes d’auto-échauffement plus faibles par rapport aux films minces.11
Cependant, les capteurs à fil bobiné présentent également des inconvénients. Ils sont plus chers en raison de la main-d’œuvre importante impliquée dans le processus de fabrication, une grande partie étant encore réalisée manuellement.11 Ils sont plus fragiles et sensibles aux chocs et aux vibrations que les conceptions à film mince.2 Ils présentent une stabilité moindre lors des cycles de température et une hystérésis plus importante que les RTD à bobines partiellement supportées.10 Leurs dimensions physiques sont également plus grandes que celles des éléments à film mince.2
Les applications typiques des capteurs Pt100 à fil bobiné incluent les mesures de précision en laboratoire, les applications exigeant une exactitude extrême et une stabilité à long terme, ainsi que les processus industriels à haute température où la plage de fonctionnement dépasse les capacités des films minces.3 Le coût de fabrication et les compromis de performance sont étroitement liés. Le bobinage manuel et l’assemblage complexe 10 augmentent intrinsèquement les coûts de main-d’œuvre et le temps de fabrication, contribuant directement au prix unitaire plus élevé. Le défi de conception consistant à fournir un support complet pour la résistance aux vibrations tout en permettant au fil de platine de se dilater et de se contracter sans contrainte 10 est un équilibre délicat. S’il n’est pas parfaitement atteint, cela peut entraîner une stabilité moindre lors des cycles de température et une hystérésis plus importante, même si la précision initiale est élevée. Cela signifie que, bien que les capteurs à fil bobiné soient connus pour leur précision, leur stabilité
dynamique sous cyclage thermique peut être une limitation, nécessitant une considération attentive pour les applications avec des fluctuations de température fréquentes.
3.2. Capteurs Pt100 à film mince
Les capteurs Pt100 à film mince (thin film) sont fabriqués en déposant une fine couche de matériau sensible en platine (souvent par un processus appelé dépôt) sur un substrat céramique.2 Un motif résistif en méandre est ensuite gravé sur cette couche de platine. Le découpage au laser est utilisé pour atteindre la résistance nominale précise (par exemple, 100 ohms à 0°C).2 Le matériau résistif est protégé par des couches de verre de passivation, et les fils de connexion sont soudés à des pastilles sur le capteur et recouverts d’une goutte de verre.2 Les éléments à film mince peuvent être très petits, jusqu’à 1,0 mm, ce qui leur permet de s’adapter à des tubes très fins.11
Ces capteurs présentent des avantages significatifs. Ils sont nettement moins chers en raison des processus de fabrication automatisés.2 Ils offrent un temps de réponse plus rapide et une masse thermique plus faible, ce qui les rend adaptés aux changements de température dynamiques.2 Ils possèdent une excellente résistance aux chocs et aux vibrations grâce à leur construction robuste et compacte, ainsi qu’une haute résistance aux chocs thermiques.11 Leurs dimensions et leur encombrement réduits permettent une intégration dans des assemblages compacts.2 Les avancées technologiques récentes ont permis aux RTD à film mince d’atteindre des niveaux de précision comparables à ceux des capteurs à fil bobiné.2
La plage de température des capteurs à film mince varie selon le type d’élément. Bien qu’ils excellent généralement dans les plages de température modérées, des types spécifiques d’éléments à film mince offrent des plages de fonctionnement différentes (par exemple, de -196 à +150°C pour le type ‘C’, jusqu’à -70 à +850°C pour le type ‘HD’).11
Les applications typiques des capteurs Pt100 à film mince incluent l’utilisation industrielle générale, l’électronique grand public et les applications où la rentabilité et la robustesse sont essentielles.3 Ils sont largement utilisés dans les industries du raffinage et de la pétrochimie, les équipements analytiques et médicaux, la technologie aérospatiale, l’industrie automobile, la production d’énergie, le CVC (Chauffage, Ventilation et Climatisation) et l’instrumentation.11 Ils sont également adaptés aux applications cryogéniques (par exemple, de -196°C à +150°C).11
L’automatisation et la miniaturisation sont des moteurs clés de l’évolution du marché. Les processus automatisés de dépôt et de gravure 2 sont intrinsèquement plus évoluables et moins gourmands en main-d’œuvre que le bobinage manuel 11, ce qui conduit directement à des coûts de fabrication inférieurs. Les dimensions plus petites et la masse thermique plus faible 11 sont des conséquences directes du processus de fabrication en film mince. Ces caractéristiques physiques, à leur tour, permettent des temps de réponse plus rapides et une résistance supérieure aux vibrations 2, créant un avantage synergique. Le fait que la technologie du film mince ait récemment atteint une précision comparable à celle des capteurs à fil bobiné 2 indique un changement significatif. Cela signifie que pour de nombreuses applications, l’écart de performance traditionnel s’est réduit, faisant des RTD à film mince un choix très compétitif, souvent préféré en raison de leur coût, de leur robustesse et de leur vitesse, à moins que des plages de température extrêmes ou la plus haute précision historique (qui est maintenant égalée) ne soient les seuls facteurs déterminants. Cette tendance suggère une évolution du marché vers des solutions plus robustes et économiques.
3.3. Analyse comparative des éléments Pt100 à fil bobiné et à film mince
Le tableau suivant offre une comparaison directe des deux principales constructions d’éléments Pt100, soulignant les compromis inhérents à la conception et à la fabrication des capteurs.
Tableau 2 : Comparaison des éléments Pt100 à fil bobiné et à film mince
Caractéristique | Élément à fil bobiné en céramique | Élément à film mince |
Méthode de construction | Fil de platine enroulé dans un tube d’alumine, scellé 2 | Couche de platine déposée sur substrat céramique, gravée et protégée 2 |
Coût | Plus élevé (processus manuel) 2 | Plus faible (processus automatisé) 2 |
Précision | Traditionnellement supérieure, toujours très précise 3 | Très bonne, comparable aux fils bobinés avec les avancées récentes 2 |
Plage de température | Plus large (jusqu’à 850°C et plus) 3 | Modérée à large (selon le type, jusqu’à 850°C) 11 |
Temps de réponse | Modéré à lent 5 | Rapide 2 |
Masse thermique | Plus élevée 11 | Plus faible 11 |
Résistance aux vibrations | Moins résistante, plus sensible 2 | Excellente 2 |
Résistance aux chocs | Moins résistante 11 | Élevée 11 |
Dimensions | Plus grandes 2 | Plus petites (jusqu’à 1.0 mm) 2 |
Applications typiques | Laboratoire, mesures de haute précision, hautes températures 3 | Industrie générale, électronique grand public, applications robustes et économiques 3 |
4. Précision des Pt100 et classes de tolérance internationales (IEC 60751)
Cette section détaille les normes internationales régissant la précision des Pt100, en se concentrant sur la norme IEC 60751, ses classes de tolérance définies et les termes couramment utilisés de « DIN fractionnaire » plus stricts.
4.1. Présentation de la norme IEC 60751
La norme IEC 60751 (également communément appelée norme DIN) spécifie les exigences et la relation température/résistance pour les capteurs de température industriels en platine.6 Elle stipule qu’un élément sensible Pt100 doit avoir une résistance de 100,00 ohms à 0°C et un coefficient de température (changement de résistance par °C) de 0,00385 entre 0°C et 100°C.3
La norme a subi d’importantes révisions, notamment en 2008 et 2022. Un changement clé après 2008 (toujours valable en 2022) est que le thermomètre complet (et non plus seulement l’élément sensible) doit satisfaire à la précision de classification au niveau de la connexion.7 Cela souligne l’importance de l’ensemble de la chaîne de mesure, y compris le câblage. L’évolution de la définition de la précision dans les normes est notable. Cette révision a probablement été motivée par la reconnaissance que les erreurs introduites par les fils de connexion, les jonctions et l’ensemble de la sonde ont un impact significatif sur la précision
réelle observée par l’utilisateur, même si l’élément sensible lui-même est parfait. Ce changement de portée de la norme représente une approche plus holistique et pratique de la métrologie. Il contraint les fabricants et les utilisateurs à considérer l’ensemble du système de mesure, et pas seulement l’élément capteur, lors de la spécification et de la vérification de la précision. Cela est directement lié à l’importance des configurations de câblage (abordées dans la section 5.1) et des procédures d’étalonnage (section 6).
4.2. Classes de tolérance standard : classe A, classe B et classe AA
La norme IEC 60751 définit quatre classes de tolérance principales pour les thermomètres à résistance en platine : Classe AA, Classe A, Classe B et Classe C.7
- Classe B : La tolérance standard la plus largement utilisée.
- À 0°C : ±0,12 ohms / ±0,3°C.
- À 100°C : ±0,30 ohms / ±0,8°C.
- Formule générale : ± (0,3 + 0,005 |t|) où |t| est la température absolue en °C.6
- Classe A : Offre des tolérances plus strictes que la Classe B.
- À 0°C : ±0,06 ohms / ±0,15°C.
- À 100°C : ±0,13 ohms / ±0,35°C.
- Formule générale : ± (0,15 + 0,002 |t|).6
- Classe AA : Introduite dans la norme IEC 60751:2008, offrant des tolérances encore plus strictes, presque identiques à la 1/3B couramment utilisée.
- Formule générale : ± (0,1 + 0,0017 |t|).6
- Classe C : Utilisée pour les températures cryogéniques, avec la Classe B, car les Classes AA et A ne sont pas valides pour les plages cryogéniques inférieures.7
Les Classes A et B sont les plus courantes en raison de leur haute précision.7
4.3. Tolérances plus strictes : comprendre les 1/3 DIN, 1/5 DIN et 1/10 DIN
Au-delà des classes standard IEC 60751, des tolérances plus strictes sont couramment acceptées et spécifiées dans l’industrie, souvent désignées sous le nom de classes « DIN fractionnaire ».6
Celles-ci incluent :
- 1/3 DIN (1/3B) : ±0,040 ohms / ±0,10°C (à 0°C) ou ±1/3 (0,3 + 0,005 |t|). Il est à noter que la Classe AA de l’IEC 60751:2008 est presque identique à la 1/3B.6
- 1/5 DIN (1/5B) : ±0,024 ohms / ±0,06°C (à 0°C) ou ±1/5 (0,3 + 0,005 |t|).6
- 1/10 DIN (1/10B) : ±0,012 ohms / ±0,03°C (à 0°C) ou ±1/10 (0,3 + 0,005 |t|).6
Il est crucial de noter que, bien que largement utilisés, ces termes DIN fractionnaires ne sont pas formellement inclus dans la norme IEC 60751.6 Cependant, certains fournisseurs peuvent proposer des capteurs avec une précision dépassant les classes de la norme, même jusqu’à 1/10 de la Classe B.7
L’existence de ces classes DIN fractionnaires met en évidence un écart entre la normalisation formelle et la demande industrielle. L’utilisation et la fourniture persistantes de ces tolérances plus strictes 6 indiquent une forte demande du marché pour une précision au-delà de ce que la norme avait initialement codifié. L’introduction de la Classe AA, « presque identique à la 1/3B » 6, suggère que l’organisme de normalisation rattrape les besoins de l’industrie. Pour les utilisateurs finaux, cela signifie qu’une spécification minutieuse est primordiale. Demander simplement une « Classe A » pourrait ne pas être suffisant si une précision de 1/3 DIN est réellement requise. Cela souligne la nécessité d’une communication claire avec les fournisseurs et, potentiellement, de faire référence à des normes internes de l’entreprise ou à des courbes de performance spécifiques plutôt que de se fier uniquement aux désignations de classe IEC pour ces tolérances plus strictes. Cela indique également que les fabricants sont capables d’atteindre ces tolérances plus strictes grâce à des méthodes de production et de contrôle qualité avancées.
Tableau 3 : Tolérances Pt100 selon IEC 60751 (Classes A, B, AA) et DIN fractionnaire
Température (°C) | Classe A | Classe B | Classe AA | DIN Fractionnaire (à 0°C) | |||
±°C | ± Ohms | ±°C | ± Ohms | ±°C | ± Ohms | Type | |
-200 | 0.55 | 0.24 | 1.3 | 0.56 | N/A | N/A | |
-100 | 0.35 | 0.14 | 0.8 | 0.32 | N/A | N/A | |
0 | 0.15 | 0.06 | 0.3 | 0.12 | 0.1 | 0.04 | 1/3 DIN |
100 | 0.35 | 0.13 | 0.8 | 0.30 | 0.27 | 0.10 | 1/5 DIN |
200 | 0.55 | 0.20 | 1.3 | 0.48 | 0.44 | 0.16 | 1/10 DIN |
300 | 0.75 | 0.27 | 1.8 | 0.64 | 0.61 | 0.22 | |
400 | 0.95 | 0.33 | 2.3 | 0.79 | 0.78 | 0.27 | |
500 | 1.15 | 0.38 | 2.8 | 0.93 | 0.95 | 0.32 | |
600 | 1.35 | 0.43 | 3.3 | 1.06 | 1.12 | 0.36 | |
650 | 1.45 | 0.46 | 3.6 | 1.13 | 1.21 | 0.39 | |
700 | – | – | 3.8 | 1.17 | N/A | N/A | |
800 | – | – | 4.3 | 1.28 | N/A | N/A | |
850 | – | – | 4.6 | 1.34 | N/A | N/A |
N.B. : Les valeurs pour les classes A, B, AA sont conformes à la norme IEC 60751.6 Les termes DIN fractionnaires ne sont pas formellement inclus dans la norme IEC 60751 mais sont couramment acceptés dans l’industrie pour des tolérances plus strictes à 0°C.6
5. Considérations pratiques : installation, dépannage et maintenance
Cette section couvre les aspects pratiques cruciaux de l’utilisation des Pt100, y compris les configurations de câblage, les meilleures pratiques d’installation, les modes de défaillance courants et le phénomène d’auto-échauffement.
5.1. Configurations de câblage (2 fils, 3 fils, 4 fils)
La précision d’une mesure RTD est significativement influencée par la configuration de câblage utilisée, car la résistance du fil de connexion peut introduire des erreurs.
- RTD à 2 fils :
- La configuration la plus simple, utilisant un fil rouge et un fil blanc.12
- La moins précise car la résistance des fils de connexion est directement ajoutée à la résistance du capteur, entraînant des erreurs.2
- Convient uniquement lorsque la haute précision n’est pas essentielle, avec une résistance de fil typique maximale de 1 à 2 ohms par conducteur (environ 90 mètres de câble).12
- La résistance des fils ne peut pas être compensée en continu pendant la mesure.12
- RTD à 3 fils :
- La plus courante dans les applications industrielles, utilisant deux fils rouges et un fil blanc.7
- Compense la résistance des fils en supposant que les deux résistances des fils sont égales et en les plaçant sur des branches adjacentes d’un pont de Wheatstone.12
- Améliore significativement la précision par rapport à la configuration à 2 fils, permettant des longueurs de câble plus importantes (par exemple, jusqu’à 450 mètres ou plus).12
- Requise pour atteindre la précision de Classe A ou Classe AA selon la norme IEC 60751.7
- RTD à 4 fils :
- Offre la plus haute précision, utilisant deux fils rouges et deux fils blancs.12
- Assure une annulation complète des effets de la résistance des fils, car deux fils fournissent le courant et deux fils séparés mesurent la chute de tension aux bornes de l’élément RTD, annulant efficacement la chute de tension aux bornes des fils de courant.2
- Idéale pour les applications exigeant la plus grande précision et de très longues longueurs de câble (par exemple, jusqu’à 900 mètres).12
- Élimine la tolérance dans les fils, ce qui en fait le choix privilégié pour les classes de tolérance meilleures que la Classe B.7
L’interdépendance entre la conformité aux normes et la précision pratique est manifeste. Les révisions de la norme IEC 60751 exigent désormais que le thermomètre complet réponde aux classifications de précision, et les classes de précision supérieures (A, AA) nécessitent des connexions à 3 ou 4 fils.7 Il s’agit d’un lien de cause à effet direct : l’évolution de la norme reconnaît que la résistance des fils de connexion est une source d’erreur significative. Par conséquent, pour atteindre et certifier une précision plus élevée, la méthode de connexion du capteur (configuration de câblage) devient une spécification obligatoire. Cela signifie que l’achat d’un simple élément RTD « Classe A » est insuffisant ; l’ensemble du système de mesure, y compris le câblage, doit être conçu pour supporter cette précision. Cela implique que pour les applications critiques, l’investissement dans des systèmes à 4 fils, malgré leur complexité de câblage plus élevée, est un coût nécessaire pour l’intégrité métrologique. Cela souligne également l’importance de comprendre les besoins de précision spécifiques de l’application pour éviter une sur-ingénierie (par exemple, un câblage à 2 fils peut être suffisant pour un contrôle non critique).
5.2. Meilleures pratiques d’installation
Une installation correcte est essentielle pour la performance et la longévité des capteurs de température Pt100.
- Protection environnementale : Les RTD sont généralement conçus pour une installation en intérieur/compartiment et ne doivent pas être exposés à la pluie, à la neige, à l’humidité ou à tout type de liquide. Un montage et un emplacement appropriés sont cruciaux.13
- Qualité du câblage : Utilisez uniquement des fils de cuivre avec des températures nominales appropriées (par exemple, minimum 75°C). Serrez toutes les connexions de fils aux valeurs spécifiées pour éviter les connexions desserrées.13
- Protection des câbles : Assurez-vous d’utiliser des conduits métalliques flexibles étanches à la poussière/liquide avec des raccords approuvés pour protéger les câbles du capteur. Utilisez des conduits métalliques rigides pour la protection des câbles des capteurs à l’unité de contrôle.15
- Éviter les interférences : Assurez une mise à la terre appropriée pour atténuer les problèmes de tension induite par les interférences électromagnétiques, qui peuvent provoquer des lectures erronées.14
- Lecture des manuels : Lisez toujours toute la documentation fournie avec le produit pour garantir un fonctionnement sûr et efficace et pour éviter toute altération de la protection.15
- Installation qualifiée : Sélectionnez un installateur électrique qualifié et compétent pour garantir que le produit remplit ses fonctions conçues en toute sécurité et efficacement, en respectant les codes électriques locaux et nationaux.15
5.3. Modes de défaillance courants et dépannage
Les capteurs Pt100 peuvent présenter divers modes de défaillance, souvent identifiables par des symptômes spécifiques.
Causes courantes de mesure anormale :
- Connexions de câblage desserrées : Peuvent entraîner une augmentation de la résistance, provoquant des fluctuations ou des pics de température, en particulier dans les environnements vibrants.14
- Connexions de câblage oxydées : Les environnements à haute température et humidité peuvent accélérer l’oxydation, augmentant la résistance et provoquant des déviations de mesure, voire une déconnexion complète.14
- Tension induite : Les interférences électromagnétiques ou une mise à la terre incorrecte peuvent entraîner des lectures erronées, plus élevées que la valeur réelle.14
- Éléments de température endommagés : Entraînent souvent des erreurs de circuit ouvert ou des valeurs de résistance anormalement élevées. Un Pt100 fonctionnel à température ambiante (environ 20°C) devrait afficher environ 110 Ω ; des déviations significatives indiquent un dommage.14
- Tubes de protection usés ou mal scellés : Peuvent permettre l’entrée d’air extérieur, refroidissant le capteur et provoquant des lectures de température inférieures à la valeur réelle, en particulier dans les systèmes à pression négative.14
- Étalonnage incorrect : Peut entraîner une dérive ou une imprécision s’il n’est pas effectué correctement ou avec des réglages d’entrée erronés.16
- Âge/usure et contamination : Tous les capteurs se dégradent avec le temps ; la saleté ou l’huile peuvent interférer avec la pointe du capteur.16
Symptômes d’un RTD défectueux : Lectures instables, erreurs de circuit ouvert/court-circuit à l’affichage, valeurs imprécises/dérivantes, mauvaise linéarité, surchauffe due à un courant de détection élevé, sonde ou fils de connexion endommagés.16
Étapes de dépannage :
- Vérification visuelle : Inspectez la pointe, le boîtier, les fils et la gaine pour détecter des fissures, des brûlures, de la corrosion ou des fils exposés.16
- Vérification de la résistance (multimètre) : Réglez le multimètre sur Ohms (Ω). Pour un Pt100, attendez-vous à environ 100 Ω à 0°C, environ 110 Ω à 20°C, environ 138,5 Ω à 100°C, environ 175,8 Ω à 200°C. « OL » ou aucune lecture indique un circuit ouvert ; 0 Ω ou très faible indique un court-circuit.16
- Test de mouvement : Déplacez doucement les fils ; si les lectures disparaissent, il peut y avoir un défaut intermittent.16
- Vérification des paramètres du contrôleur : Assurez-vous que le type d’entrée du contrôleur correspond au capteur (par exemple, Pt100).16
- Solutions : Resserrez les connexions desserrées, corrigez les connexions oxydées (nettoyez, dénudez, refixez, assurez la sécheresse), atténuez la tension induite (mise à la terre appropriée), remplacez les cartes de bornes ou les capteurs défectueux, réparez/remplacez les tubes de protection usés.14
5.4. Phénomène d’auto-échauffement
Les RTD nécessitent un courant d’excitation pour fonctionner. Ce courant, traversant l’élément résistif, génère une petite quantité de chaleur (échauffement I²R).1 Cet « auto-échauffement » peut entraîner une légère augmentation de la température du capteur au-dessus de la température ambiante réelle qu’il tente de mesurer, conduisant à une erreur de mesure.16 Pour réduire l’auto-échauffement, le courant d’alimentation du RTD doit être maintenu faible, généralement autour de 1mA ou moins.2 La configuration à 4 fils aide à rejeter les erreurs d’auto-échauffement en séparant les fils d’alimentation en courant et de mesure de tension.5
La mitigation des perturbations inhérentes à la mesure est un aspect essentiel. L’acte même de mesurer (appliquer un courant pour mesurer la résistance) introduit une petite quantité d’énergie (chaleur) dans le système. Il s’agit d’une limitation physique inhérente aux capteurs résistifs. Cela nécessite une conception minutieuse du circuit de mesure (par exemple, un faible courant d’alimentation, l’utilisation d’une configuration à 4 fils pour minimiser les effets de la résistance des fils sur la mesure) et une prise en considération de la masse thermique du capteur et de l’environnement. Pour les mesures très sensibles, la minimisation de l’auto-échauffement est essentielle pour maintenir la précision, en particulier dans les environnements statiques ou à faible débit où la dissipation de chaleur est faible. Cela met en évidence un défi fondamental dans la conception des capteurs : l’acte de mesure lui-même peut perturber la grandeur mesurée.
6. Étalonnage et traçabilité des capteurs Pt100
Cette section détaille les procédures essentielles pour l’étalonnage des capteurs Pt100 et explique le concept critique de la traçabilité aux normes nationales et internationales.
6.1. Procédures d’étalonnage standard (point de glace, méthodes de comparaison)
L’étalonnage garantit que le capteur Pt100 fournit des lectures précises dans les tolérances spécifiées. Il implique la comparaison des lectures du capteur avec un thermomètre de référence très précis et étalonné indépendamment.17
- Étalonnage au point de glace (0°C) :
- Une méthode fondamentale et très reproductible.18
- Consiste à remplir un flacon isolé de glace pilée fabriquée à partir d’eau distillée, puis à ajouter suffisamment d’eau distillée pour juste saturer la glace. Le mélange doit être soigneusement agité pour assurer l’uniformité.18
- Immerger à la fois le capteur Pt100 (Unité Sous Test – UST) et un thermomètre de référence à une profondeur adéquate (typiquement 15 à 20 fois le diamètre de la sonde) pour s’assurer que les éléments sensibles sont entièrement dans le bain de glace.18
- Laisser suffisamment de temps (généralement 15 à 20 minutes) pour que les deux capteurs se stabilisent à 0°C.18
- Enregistrer la lecture de résistance du Pt100 ; elle devrait idéalement être de 100,00 ohms. La comparer à la référence.18
- Étalonnage par comparaison :
- La méthode la plus courante et la plus polyvalente pour étalonner les Pt100 sur une plage de températures.18
- Implique de placer l’UST à côté d’un thermomètre de référence étalonné dans une source de température stable, telle qu’un calibrateur à bloc sec ou un bain agité rempli de fluide.17
- Utilisation d’un calibrateur à bloc sec : Excellent pour les environnements contrôlés, offrant portabilité et changements de température rapides. Les sondes sont insérées dans des puits, et un bon contact thermique est assuré.17
- Utilisation d’un bain rempli de fluide : Assure un contact intime entre le capteur et le fluide pour un temps de réponse plus rapide et une meilleure précision, adapté aux installations fixes. Nécessite une agitation pour une distribution uniforme de la température.17
- Procédure générale : Préparer les capteurs (nettoyer, vérifier les connexions), configurer le système d’étalonnage (assurer une profondeur d’immersion adéquate, typiquement 15 à 20 fois le diamètre pour minimiser les erreurs de conduction de la tige), établir des points de température stables (prévoir 10 à 30 minutes pour la stabilisation), enregistrer les lectures simultanément de l’UST et de la référence, calculer les erreurs et documenter les résultats dans un certificat d’étalonnage.17
6.2. Importance de la profondeur d’immersion et de la stabilisation
La profondeur d’immersion et le temps de stabilisation sont des facteurs critiques pour des lectures précises.
- Profondeur d’immersion : Cruciale pour des lectures précises. L’élément sensible doit être suffisamment immergé dans le milieu mesuré pour minimiser les « erreurs de conduction de la tige », où la chaleur se propage le long de la gaine du capteur plutôt qu’à travers l’élément sensible depuis le point mesuré. Une ligne directrice générale est de 10 à 20 fois le diamètre de la tige plus la longueur de détection.17
- Temps de stabilisation : Laisser suffisamment de temps pour que l’UST et le capteur de référence se stabilisent à la température définie est essentiel pour des lectures précises. Cela peut prendre de 10 à 30 minutes, selon la masse thermique des capteurs et la source de température. Précipiter cette étape peut entraîner des imprécisions significatives.17
Ces aspects révèlent les variables cachées de la précision de mesure. Une profondeur d’immersion adéquate (15-20 fois le diamètre de la sonde) et un temps de stabilisation suffisant (10-30 minutes) sont essentiels pour un étalonnage précis.17 Ces facteurs influencent directement l’équilibre thermique entre l’élément sensible du capteur et le milieu mesuré. Une immersion insuffisante permet à la chaleur de « fuir » le long de la tige de la sonde, ce qui fait que l’élément sensible lit une température différente de la température réelle du milieu. Une stabilisation insuffisante signifie que le capteur n’a pas atteint l’équilibre thermique avec la température de référence, ce qui entraîne des erreurs transitoires. Cela souligne que l’atteinte des classes de précision spécifiées (par exemple, Classe A, AA) ne dépend pas uniquement de la qualité intrinsèque du capteur, mais aussi fortement de la
méthodologie de son utilisation et de son étalonnage. Ignorer ces aspects pratiques peut annuler les avantages d’un capteur de haute précision, entraînant des erreurs systématiques dans les applications réelles. Cela met en évidence que la métrologie est autant une question de procédure que d’instrumentation.
6.3. Assurer la traçabilité aux instituts nationaux de métrologie (par exemple, NIST)
La traçabilité est un concept fondamental en métrologie.
- Traçabilité : Fait référence à une chaîne ininterrompue de mesures qui relie un résultat d’étalonnage à une norme primaire, généralement maintenue par des Instituts Nationaux de Métrologie (INM) comme le NIST (National Institute of Standards and Technology) ou des organismes internationaux équivalents.8
- Composantes clés de la traçabilité :
- Chaîne ininterrompue : Chaque mesure dans la chaîne doit être directement liée à la suivante, menant finalement à une unité du SI (Système International d’Unités).8
- Incertitude connue : Chaque étape de la chaîne de mesure doit avoir une incertitude de mesure connue et documentée, quantifiant la qualité et la fiabilité de la mesure.8
- Système d’assurance qualité : Un système de qualité robuste (par exemple, conforme à la norme ISO/IEC 17025) doit être en place pour maintenir l’incertitude de mesure et garantir des résultats valides.9
- Importance :
- Confiance et comparabilité : Les mesures traçables inspirent confiance dans les résultats, permettant la comparabilité des mesures entre différents laboratoires, industries et pays. Ceci est vital pour un commerce international équitable et la collaboration scientifique.8
- Conformité : De nombreuses normes de qualité (par exemple, ISO 9001) exigent que les entreprises certifiées étalonnent leurs équipements de mesure avec traçabilité.9
- Normes de référence : Les thermomètres traçables au NIST peuvent servir de références traçables pour l’étalonnage d’autres thermomètres, formant la base d’une pyramide d’étalonnage où la précision diminue à mesure que l’on descend des normes primaires.8
- Normes d’étalonnage : Lors de l’étalonnage, la norme de référence utilisée doit être au moins quatre fois plus précise que l’appareil à étalonner.9
Le tissu mondial de la confiance en matière de mesure repose sur la traçabilité. Ce processus rigoureux n’est pas une simple contrainte bureaucratique, mais il soutient directement la fiabilité et la comparabilité de toutes les mesures quantitatives. Sans cette chaîne, une lecture de température d’un Pt100 dans une installation ne pourrait pas être comparée en toute confiance à une lecture d’une autre, ce qui entraînerait des incohérences dans la qualité des produits, les données scientifiques et le commerce international. L’ensemble de l’économie mondiale et de l’entreprise scientifique dépend de ce tissu de mesures traçables. Pour les Pt100, la traçabilité garantit qu’un « 100 ohms à 0°C » est universellement compris et que les classes de tolérance spécifiées (IEC 60751) ont un sens dans le monde réel, permettant un contrôle de processus, une assurance qualité et une reproductibilité de la recherche en toute confiance dans diverses applications et zones géographiques. Elle transforme les mesures individuelles en un système cohérent à l’échelle mondiale.
7. Conclusion et recommandations
Cette section finale résume les observations clés abordées tout au long du rapport et fournit des recommandations exploitables pour la sélection et l’application des RTD Pt100.
7.1. Synthèse des observations clés
La confusion concernant le rôle du platine dans les RTD Pt100 et les thermocouples résulte d’une méconnaissance des principes de fonctionnement fondamentaux : les RTD s’appuient sur le changement de résistance prévisible du platine, tandis que les thermocouples utilisent l’effet Seebeck entre des métaux dissemblables. Les RTD offrent une précision et une stabilité supérieures, tandis que les thermocouples excellent dans les plages de températures élevées et ont généralement des temps de réponse plus rapides.
Les capteurs Pt100 sont disponibles en deux types de construction principaux : le fil bobiné en céramique et le film mince. Les capteurs à fil bobiné offrent traditionnellement une précision supérieure et des plages de température plus larges, mais sont plus coûteux et fragiles. Les capteurs à film mince sont rentables, robustes, ont des temps de réponse plus rapides et ont atteint une précision comparable grâce aux avancées récentes, ce qui les rend de plus en plus répandus dans les applications industrielles.
Les classes de précision des Pt100 sont définies par la norme IEC 60751 (Classes A, B, AA, C), la norme s’appliquant désormais à l’ensemble du thermomètre. Des tolérances « DIN fractionnaire » plus strictes (1/3, 1/5, 1/10 DIN) sont largement utilisées dans l’industrie, reflétant une demande de précision au-delà de la norme formelle.
Le choix de la configuration de câblage (2 fils, 3 fils, 4 fils) est primordial pour atteindre la précision spécifiée, le 3 fils étant courant pour l’usage industriel et le 4 fils offrant la plus haute précision en éliminant les erreurs de résistance des fils de connexion.
Les pratiques d’installation appropriées, y compris une profondeur d’immersion adéquate et un temps de stabilisation suffisant pendant l’étalonnage, sont essentielles pour réaliser le plein potentiel de précision des capteurs Pt100.
L’étalonnage et la traçabilité aux instituts nationaux de métrologie sont indispensables pour garantir la fiabilité, la comparabilité et la confiance dans les mesures de température, constituant l’épine dorsale du contrôle qualité et de l’intégrité scientifique.
7.2. Recommandations pour la sélection et l’application des Pt100
Pour une sélection et une application optimales des capteurs Pt100, les recommandations suivantes sont formulées :
- Définir les besoins de l’application : Évaluer attentivement la plage de température requise, la précision, le temps de réponse, les conditions environnementales (vibrations, chocs, humidité) et les contraintes budgétaires. Cela guidera le choix entre les RTD et les thermocouples, puis entre les Pt100 à fil bobiné et à film mince.
- Prioriser la précision avec le câblage : Pour les applications exigeant une haute précision (par exemple, Classe A, AA, ou DIN fractionnaire), toujours spécifier et mettre en œuvre des configurations à 3 fils ou, idéalement, à 4 fils pour atténuer les erreurs de résistance des fils de connexion. Comprendre que la précision de la norme s’applique au thermomètre complet.
- Choisir judicieusement le type de construction :
- Pour les travaux de laboratoire de haute précision ou une stabilité extrême de la température, envisager les Pt100 à fil bobiné en céramique, en reconnaissant leur coût plus élevé et leur fragilité.
- Pour les applications industrielles générales où la robustesse, la rentabilité et la rapidité de réponse sont essentielles, les Pt100 à film mince sont un excellent choix, compte tenu de leur précision améliorée.
- Adhérer aux meilleures pratiques d’étalonnage : Mettre en œuvre un étalonnage régulier en utilisant des procédures établies (point de glace, méthodes de comparaison) avec une profondeur d’immersion et des temps de stabilisation appropriés. S’assurer que tous les équipements d’étalonnage sont traçables aux normes nationales ou internationales.
- Assurer la traçabilité : Exiger des certificats d’étalonnage qui démontrent la traçabilité à des instituts nationaux de métrologie reconnus (par exemple, NIST, PTB) pour garantir la validité et la comparabilité de vos mesures de température.
- Mettre en œuvre une installation et une maintenance robustes : Suivre les directives du fabricant pour l’installation, y compris les connexions de câblage appropriées, la protection des câbles et les considérations environnementales. Établir un calendrier de maintenance régulier et être vigilant quant aux modes de défaillance courants tels que les connexions desserrées, l’oxydation ou les dommages physiques, et appliquer les étapes de dépannage appropriées.
- Gérer l’auto-échauffement : Pour les mesures très sensibles, s’assurer que le courant d’excitation est maintenu faible (par exemple, 1mA ou moins) afin de minimiser les erreurs d’auto-échauffement, en particulier dans les environnements statiques ou mal dissipatifs.
Sources des citations
- RTD vs Thermocouple – Minco, consulté le août 4, 2025, https://www.minco.com/rtd-vs-thermocouple/
- Principle of Operation of a Resistance Temperature Detector (RTD), consulté le août 4, 2025, https://www.azom.com/article.aspx?ArticleID=5573
- What Is A RTD Sensor And How Does It Work? [Full Guide], consulté le août 4, 2025, https://peaksensors.com/blog/resistance-thermometer/what-is-rtd-sensor-and-how-does-it-work/
- RTD Pt100 vs Thermocouple – JAKAR Electronics, consulté le août 4, 2025, https://www.jakar.cz/en/advisor/rtd-vs-thermocouple
- How To Measure Temperature with RTD Sensors | Dewesoft, consulté le août 4, 2025, https://dewesoft.com/blog/measure-temperature-with-rtd-sensors
- IEC 60751:2022 – the main points and updated tolerance classes – Senmatic, consulté le août 4, 2025, https://senmatic.com/knowledge/sensor/tolerance-classes-for-sensors-according-to-iec-60751/
- NIST Traceable Calibration Guide – Sure Controls, consulté le août 4, 2025, https://www.surecontrols.com/blog/nist-traceable-calibration/
- Calibration Standards: Ensuring Measurement Accuracy – Fluke Corporation, consulté le août 4, 2025, https://www.fluke.com/en-us/learn/blog/calibration/calibration-standards
- What is the difference between a ceramic wire-wound RTD and a …, consulté le août 4, 2025, https://kamet-trading.com/faq/what-is-the-difference-between-a-ceramic-wire-wound-rtd-and-a-thin-film-rtd/
- PT-100 Installation Manual – RES Supply, consulté le août 4, 2025, https://ressupply.com/documents/magnum/PT-100_Installation_Manual.pdf
- Common Causes and Solutions for Abnormal Pt100 Temperature Measurement, consulté le août 4, 2025, https://zeroinstrument.com/common-causes-and-solutions-for-abnormal-pt100-temperature-measurement/
- PT100 Expansion Board Manual – 4B Group, consulté le août 4, 2025, https://www.go4b.com/usa/technical-support/product-manuals/watchdog-super-elite/Watchdog%20WDC4%20-%20PT100%20Expansion%20Board%20Manual.pdf
- How To Check A Faulty Temperature Sensor? (Quickly & Easily), consulté le août 4, 2025, https://peaksensors.com/blog/thermocouple/how-to-check-a-faulty-temperature-sensor/
- How to Calibrate Pt100 Sensors and Temperature Probes – Process Parameters Ltd, consulté le août 4, 2025, https://www.processparameters.co.uk/how-to-calibrate-pt100/
- RTD PT100 Calibration: Boost Accuracy & Performance | DXM, consulté le août 4, 2025, https://www.dxmht.com/article/how-to-calibrate-rtd-pt100.html